Démographie et urbanisation

Publié le par Natur-action

Suite aux articles parus ces derniers jours, concernant l’abandon ou la baisse drastique des programmes immobiliers sur St-Nazaire, Natur-Action réagit, ces informations ne faisant que confirmer ce que nous annonçons depuis des années!
Début janvier 2013, l’INSEE a publié les derniers chiffres du recensement de la population. Ces chiffres, repris par la presse, sont passés inaperçus, la ville n’ayant pas communiqué dessus, et pour cause! Ces chiffres du recensement de la population sont très mauvais pour St-Nazaire.
Comme l’année dernière, et comme les années précédentes, notre ville n’a gagné “que” 0,1% de population alors que les prévisions ultra optimistes de la ville et de la Carène (même service, à savoir l’ADDRN, qui pourtant est partenaire de l’INSEE), tablent sur une croissance de 1% par an depuis les années 2000.
Notre ville a donc gagné environ 500 habitants en 10 ans, soit 50 par an!
L’autre enseignement que nous tirons des études de l’INSEE concerne le vieillissement de notre population et le fait que les habitants sont plus nombreux à quitter la ville qu’à venir y habiter.
L’autre indice inquiétant, est le nombre d’élèves scolarisés, qui est en baisse de près de 10% depuis 2002 (année la plus haute avec 11 237 élèves scolarisés).
La population nazairienne vieillit, ce n’est pas une nouveauté, et l’absence d’enseignement supérieur fort comme la fac de gavy qui ne s’est jamais développée comme cela était prévu il y a 20 ans, contribue à ce départ massif des jeunes vers d’autres communes pour y poursuivre leurs études.
Il était prévu 550 puis 650 logements nouveaux sur la commune de St-Nazaire (1000 sur La Carène) chaque année pour répondre à une demande théorique, établie à partir d’hypothèses de croissance, de démographie, de flux migratoires...
Pour “loger les jeunes” comme le répétait régulièrement l’adjoint à l’urbanisme, il fallait construire à tout-va, étendre la ville (plus de 50% d’emprise entre 1995 et 2020)
Les chiffres de l’ADDRN donnent 3 684 logements nouveaux réalisés entre 2002 et 2007, soit 614 par an. Le PDD en prévoyait 650, et sur les années 2010 et 2011, ce sont 1 240 nouveaux logements qui ont vu le jour sur la ville. En 2007, la ville a accordé 636 permis de construire (logements neufs et réhabilitations), 1 385 en 2008, 687 en 2009, 596 en 2012...
Pour y parvenir, la ville massacre notre patrimoine naturel, agricole, écologique (prairies, zones humides, bois, parcs...).
OBJECTIFS DE LA VILLE
16 hectares ont été ou vont être cédés sur le mandat actuel, sans compter la cité sanitaire qui en a avalé une vingtaine à elle seule.
Au delà du mandat, la ville a listé ce qu’elle pouvait céder aux promoteurs: 
- 49 hectares au Pré-Hembert,
- 11,4 hectares aux Frémaudières (Océanis)
Ainsi que de nombreux sites à Heinlex, Gavy-université, Porcé, puis en centre-ville: Bel air, Fanal, Bois Savary, Athénor, Soleil Levant, école de Kerlédé, ville Halluard, sites des 3 cliniques du centre-ville, etc...
NOTRE CONSTAT
Nous avons fait le constat effrayant que nous allons droit dans le mur. Cela fait des années que nous le répétons, mais à chaque fois on nous oppose des chiffres que personne ne pouvait vérifier. 
On nous disait “il faut bien loger nos jeunes”, mais ce sont justement les jeunes qui ne peuvent se loger vu le prix des logements. 
On nous rappelait “il y a 3000 demandes en attente à Silène, allez leur dire que vous ne voulez pas construire”. Or aujourd’hui, le temps d’attente pour obtenir un logement Silène est descendu entre 3 et 6 mois.
Aujourd’hui les révélations fracassantes du marché nous indiquent de nombreux abandons de projets (“Altéa” 56 logements, “les terrasses de Mermoz” 60 logements, “Victor Hugo”...) ou de très grosses difficultés à vendre ceux qui sont déjà avancés comme “les hauts de Guindref” ou “le 92 De Gaulle”.
Les ventes sont en chute libre de 52% sur La Carène.
Ce sont des investisseurs grâce aux lois de défiscalisation qui ont acquis bon nombre de logements aujourd’hui en location, et non les promo-accédants comme le rêvaient la ville et La Carène. Les jeunes n’ont pas les moyens d’acheter, le chômage et la frilosité des banques ont eu raison de cette catégorie de population.
Nous constatons que les bureaux construits sont en partie vides. Boulevard de l’université, le parc et le bois de Porcé ont été amputés pour y construire des bureaux toujours à vendre ou à louer après 2-3 ans. 
Aujourd’hui on saccage encore le bois de Porcé pour y construire un nouveau “Pole emploi”! Loin de toute population mais désservi par HélYce pour justifier un busway qui a du mal à trouver son rythme de croisière à cause de tarifs disproportionnés.
A la gare, les “twin towers” peinent à se remplir après 3 ans d’ouverture. Les seuls occupants sont pratiquement exclusivement des services publics: Stran, Trésor public, France 3, conseil général, conseil régional, Carène, etc...
Pire, ces arrivées ont libéré des bureaux ailleurs en ville (Ouest-France qui laisse un vide rue Jean Jaurès). L’ancien immeuble de France Télécom à Avalix est désespérément vide! Plusieurs milliers de mètres carrés disponibles!
Au Plessis, Kaufman & Broad a pris du retard, n’arrivant pas à commercialiser les logements prévus. 
La zone de Brais n’accueille pratiquement que des transferts d’entreprises, qui malgré la crise, veulent toutes leur bâtiment neuf avec parking alors qu’il reste des entrepôts gigantesques qu’il conviendrait de louer ou vendre au lieu d’étendre cette zone sur les bois avoisinants.
A l’Immaculée, après le Bricoman de 9 000 m2 (magasin + entrepôt) + parking, et le Leclerc Drive, il est prévu un pôle de restauration près du Leclerc (KFC, hôtel...).
LE CONSTAT PAR LES CHIFFRES
 
Cette semaine, dans la presse, on pouvait lire: “le risque est, qu’il y ait blocage de la production de logements locatifs dont le marché a besoin pour répondre à la croissance démographique et à la modification des foyers, avec à la clef l’augmentation des loyers” (propos de Bertrand Mours, responsable des promoteurs et constructeurs).
 
Ces arguments sont FAUX!!! Il n’y a pas de croissance démographique à St-Nazaire. Le marché locatif est SATURE! Les propriétaires de maisons et appartements anciens ne trouvent plus preneur tant le neuf a vampirisé le marché.
 
D’autre part, de nombreuses communes qui ont fait le choix de ne pas construire, n’ont pas vu les loyers flamber comme on veut nous le faire croire! 
 
Les chiffres de l’INSEE nous donnent donc une progression de la population de 50 habitants environ par an. Avec un taux d’occupation des logements de 2,1 habitant, il aurait été nécessaire pour loger tout ce beau monde, de construire...  24 logements par an à St-Nazaire !!!
Si l’on tient compte de la décohabitation, en étant généreux on peut doubler ce chiffre et construire 50 logements. On est loin, très loin des 650 logements construits chaque année depuis 10 ans à St-Nazaire !
La croissance de la population selon l’INSEE n’aura été que de 0,1% par an à St-Nazaire contre des prévisions de 1%. Ces chiffres changent totalement la donne!
NOS DEMANDES
Cette urbanisation effrayante est désormais injustifiée. Qu’allons nous laisser aux générations suivantes si nous construisons aujourd’hui sur la quasi-totalité de notre commune? En effet, la ville ne raisonne plus par commune mais sur l’échelle de La Carène pour dire, à grands renforts de publicité, que nous avons des zones agricoles, des zones humides, etc... 
C’est vrai à l’échelle de l’intercommunalité (bien que le mitage du paysage passe aussi dans les autres communes), mais cela se fait au détriment de notre ville qui concentre l’urbanisation: logements, bureaux, zones artisanales...
NATUR-ACTION demande le gel de tout projet extérieur au centre-ville. 
 
Cela veut dire que nous demandons officiellement l’abandon des projets d’urbanisation de:
- Coulvé (zone humide)
- Québrais (zone humide)
- Frémaudières (bois, prairies, terres agricoles)
- Pré-Hembert et abords du Bois Joalland
- St-Marc
- Commandières (bois, prairies, terres agricoles)
- Vecquerie (abords du bois de Porcé)
- zone humide de la gare
Aujourd’hui ces chiffres ne justifient plus le projet démago-pharaonique de construction de 100 000 m2 de bureaux et logements de la zone humide derrière la gare à Herbins (les 3 batiments Météor représentent moins de 15% de ce qui est prévu). Imaginez encore 6 fois ce nombre de m2.
Nous demandons l’abandon du projet de bureaux sur la zone humide entre la gare et Quick, celui-ci, recalé en enquête publique, est en train de passer en force: extension de l’emprise du comblement pour le parking par rapport aux autorisations, non respect de la mise en oeuvre des mesures compensatoires, expropriation du locataire de la maison située sur la zone recalée en enquête publique!
Nous demandons l’abandon des projets de bureaux tant que l’ensemble de ceux aujourd’hui construits et disponibles ne seront pas réellement vendus ou loués.
Nous demandons l’arrêt de l’extension de la zone de Brais, et l’optimisation des surfaces déjà construites: hangars à vendre ou à louer, réduction des parkings avec obligation d’en construire sous les bâtiments, etc...
NATUR-ACTION est opposée à l’étalement urbain, mais favorable au renouvellement urbain. 
Ainsi nous demandons que soient rapidement construits les logements sociaux sur le site du Plessis. Que les immeubles se fassent à la place des vieux hangars, à la place des barres de garages, que le renouvellement urbain se fasse rue de la ville Halluard par exemple, etc... 
Il est impératif que des espaces de vie conviviaux, soient créés. Il n’existe pas un seul espace vert entre le Petit Maroc et Méan-Penhoët!
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Notre projet de création d’une forêt urbaine est encore plus d’actualité après ce constat alarmant d’étalement urbainDSC_0032.jpg
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B
Pourrai-je vous rejoindre à une réunion pour discuter sur des sujets concernant l'étalement urbain de Saint-Nazaire parce que ma famille possède encore des parcelles sur le projet de forêt urbaine
ainsi qu'à d'autre endroits.
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